Epidaure

PRINTEMPS MEDICAL DE BOURGOGNE 1999
Résumés

LES ANTIDEPRESSEURS INHIBITEURS DE LA RECAPTURE DE LA SEROTONINE
LE VRAI PROBLEME : LES INTERACTIONS

Les antidépresseurs inhibiteurs de la recapture de la sérotonine (IRS) appartiennent à une nouvelle classe pharmacodynamique apparue sur le marché dans les années 80 et dont le chef de file est le Prozac*, fluoxetine. Leur mécanisme d'action est l'augmentation du taux de la sérotonine dans la synapse. Ils ont également des effets complémentaires plus ou moins importants sur les systèmes sympathique et dopaminergique.
Sur le plan pharmacologique il existe certainement une hétérogénéité entre les médicaments de cette classe qui comprend 6 spécialités actuellement à la pharmacopée française (Seropram*, Floxyfral*, Deroxat*, Zoloft* et Ixel*). Les principales différences pharmacologiques tiennent à leur sélectivité sur le système serotoninergique et à leur ¼ vie d'élimination.
Cependant il existe une caractéristique commune à tous ces produits : la prépondérance du métabolisme hépatique par la voie du cvtochrome P450 dont ils sont des inhibiteurs.

Ces médicaments risquent, en l'absence du respect des contre-indications et précautions d'emploi avec certaines autres spécialités, d'entraîner deux types d'interactions.

potentialisations d'action des IRS par d'autres médicaments conduisant au tableau clinique du syndrome sérotoninergigue qui associe des troubles neuro-psychiques (confusion, hypomanie, agitation, tremblements, myoclonies, hyperréflexie), des troubles généraux hyperthermie, sueurs, diarrhées, instabilité tensionnelle) des anomalies plaquettaires.
Les médicaments capables d'interagir avec les IRS sont les médicaments qui augmentent l'action de la sérotonine au niveau des récepteurs (certains IMAO, tricycliques, vasoconstricteurs sympathomimétiques, amphétaminiques et morphiniques) ou qui augmentent la biodisponibilité des IRS (certains macrolides et nitroimidazolés, cimetidine)

des potentialisations d'autres médicaments par certains IRS

Ces interactions ne surviennent pas seulement lors de l'administration concomittante des médicaments interactifs mais également lors de switches trop courts. Il existe également une variabilité interindividuelle de la survenue de ces interactions.

En conclusion : il faut être très vigilant sur les traitements associés aux IRS et toujours vérifier la possibilité 'interactions d'un IRS précis avec certaines spécialités afin de mettre en oeuvre une surveillance clinique et éventuellement biologique visant à prévenir ou à limiter la gravité des effets indésirables.

Dr C.Sgro

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